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    Compte-rendu des interventions de M. Jean-Marc Muroni

    Docteur en linguistique, instituteur, chargé de mission ERTE Echill, Université Paris V
     
     

    Situation de départ : Les difficultés d’apprentissage de la lecture à l’école primaire à Mayotte.

    Objectifs de formation :
    -  Offrir aux stagiaires une redéfinition des notions clés
    -  Montrer le rôle majeur de la conscience phonologique comme préalable à la lecture
    -  Offrir une théorie synthétique sur les mécanismes d’apprentissage de la lecture
    -  Savoir utiliser cette théorie pour identifier les erreurs et pouvoir y remédier
    -  Identifier les différentes méthodes de lecture et leurs implications pédagogiques
    -  Développer un regard critique sur les progressions proposées dans les manuels de lecture au CP
    -  S’interroger sur la place de la langue maternelle dans l’apprentissage du français
    -  Donner un éclairage sur la situation linguistique à Mayotte
    -  Proposer une approche raisonnée des différents types de textes
    -  Mettre en valeur la nécessité d’impliquer l’élève dans la correction de ses erreurs

    Le conférencier a jugé opportun de redéfinir des notions de base (pédagogie, didactique, son, phonème) pour avoir un langage commun. La notion de lecture a été définie selon une approche évolutive : lecture de bas niveau (déchiffrage) et lecture de haut niveau (décryptage).

    Dans l’optique d’une lutte contre l’illettrisme, la notion complexe de conscience phonologique, préalable incontournable pour commencer l’apprentissage de la lecture, a été explicitée : conscience syllabique, conscience morphémique et conscience phonémique. Un support pédagogique spécialement conçu, « Volubilire », a été présenté en réponse aux difficultés de mise en œuvre, en classe, de cette notion.

    Pour mieux comprendre les mécanismes généraux d’apprentissage de la lecture, dès la grande section de maternelle et au CP, le conférencier a exposé sa théorie des trois modules : module biologiquement nécessaire, module culturellement associatif, module cognitivement régulateur. Ces trois modules permettent aux enseignants d’avoir une perception dynamique des difficultés d’apprentissage dans leur classe : ciblage des types d’erreurs, mise en œuvre de groupes de niveaux et remédiations appropriées (relevant de la vision, de la mémoire ou de la phonologie selon le cas).

    Après un rappel des différentes méthodes de lecture à travers une illustration à la fois pédagogique et médicale (images du cerveau par IRMF), les stagiaires ont pu constater que l’apprentissage de la lecture doit être fondé sur des connaissances scientifiques rigoureuses et non sur des querelles d’écoles. S’appuyant sur l’ensemble de ses travaux, en particulier sur un article publié dans « les manuels de lecture au CP », (Hatier, CNDP/ONL, Savoir Livre, pages 240 à 251), le conférencier a montré l’incohérence des progressions proposées dans les manuels de lecture (aux niveaux phonémique et graphique).

    En recentrant son intervention sur les problèmes spécifiques d’apprentissage de la lecture à Mayotte, il a évoqué la situation linguistique de l’île : bilingualité au niveau des enseignants, diglossie au niveau des élèves du primaire. Ce constat, qui correspond à une insécurité linguistique, a amené le conférencier à suggérer (sous réserve d’un accord institutionnel) l’utilisation contrôlée de la langue maternelle pour améliorer l’apprentissage du français dès la grande section. À cet effet, il a souligné la nécessité de mettre en place un outil didactique particulier et à l’usage des enseignants afin de leur donner des pratiques et des repères ad hoc.

    Continuant son panorama des différents niveaux de l’école primaire, monsieur Muroni a abordé la problématique des différents types de textes au cycle 3 pour proposer une approche plus efficace de leur classification. Suivant ses dernières recherches, il a mis en évidence la nécessité d’aborder en priorité (contrairement aux pratiques habituelles) les textes de type perlocutoire (injonctif, rhétorique et argumentatif) pour les enfants en difficulté.

    À travers ses différents propos, le conférencier a insisté en permanence sur la nécessité de motiver l’élève en l’impliquant en permanence dans la correction de ses erreurs.

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